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Non à l’expulsion de Roseline ! Signez la pétition.

jeudi 13 octobre 2016, par Lyon

Notre camarade Roseline est étudiante en master à l’Université Lyon 2 et membre du Collectif des étudiant.es étranger.es de Lyon et Saint-Étienne, sans papiers et solidaires. Elle a fui la Centrafrique en 2015, en proie à des violences depuis 2014.

Mercredi 10 octobre, la Police Aux Frontières s’est présentée à son domicile pour l’assigner à résidence et lui délivrer son arrêté d’expulsion vers l’Espagne. Elle est demandeuse d’asile sous procédure Dublin, et la préfecture a déjà réservé son billet d’avion pour mardi 18 octobre.

Les violences en Centrafrique se poursuivent. Mardi dernier, 8 personnes se faisaient tuer à Bangui, par balles, ou lapidées, tant côté Séléka que Anti-Balaka.

Voici la situation dans son pays et son histoire selon ses propres mots :

« J’ai fui le pays en 2015 à cause des violences qui ont eu lieu en Centrafrique depuis décembre 2014, à l’arrivée des Selekas : enlèvements, assassinats, égorgements et arrestations arbitraires... Des personnes étaient emmenées vers des destinations inconnues puis tuées, des maisons incendiées et des personnes charcutées, menacées de mort.

Dans l’arrière pays, les enfants étaient enrôlés pour devenir des soldats. Je n’étais en sécurité nulle part, même pas chez moi. On m’a menacée de torture, j’ai été insultée et violentée. Je craignais de me faire arrêter et emmener vers une destination inconnue où tuer sur place. Lorsque je suis partie, certains encore étaient égorgés, poignardés. A l’heure où je vous écris il n’y pas encore eu de désarmement : les gens se font encore tuer dans la capitale, les fusils, lacrymogènes et balles se vendent au marché comme des légumes. J’en reste traumatisée et je ne souhaite pas retourner dans mon pays.

On a égorgé mon beau-père au km5 (à Bangui) sans aucune raison. Mon père a fui les violences et est parti s’installer sur le tarmac de l’aéroport. Il y dormait, y est resté des mois et a fini par tomber malade de la fièvre typhoïde. Il est parti d’urgence en avion humanitaire au Tchad vu l’état d’insalubrité des lieux sur place. J’ai aussi fui mon pays et j’ai atterri en Espagne où j’ai demandé l’asile. C’est le premier pays par lequel je suis rentrée, je n’avais pas le choix. Mais je n’ai aucune attache en Espagne alors qu’ici en France je suis inscrite à l’Université, je suis membre de l’Église Catholique, je fais du bénévolat, j’ai de la famille et des amis. Je souhaite que ma demande d’asile soit examinée en France. »

Roseline vit ici, elle étudie ici, elle reste ici !

Nous ne laisserons pas la préfecture envoyer notre camarade ni en Espagne, ni ailleurs !

Sa situation est loin d’être isolée :

Mi-Septembre, Abdoulaye un étudiant de l’Université Paris 1 la Sorbonne de nationalité guinéenne se faisait interpeller puis enfermer en Centre de Rétention.

Quelques jours plus tard, un autre de nos camarades étudiant à Lyon 2, Rabbi, ressortissant de République Démocratique du Congo était interpellé en gare de Perrache alors que la gendarmerie ciblait spécifiquement les noir.es, puis enfermé en Centre de Rétention. Sous procédure Dublin aussi, la France souhaitait le renvoyer en Suisse où il aurait été totalement isolé.

Combien d’autres encore se font interpeller tous les jours, sans que nous en sachions rien, et que personne n’en parle ?!

Nous ne pouvons pas continuer à tolérer que nos camarades vivent dans la peur permanente d’un contrôle de police, d’un enfermement et de l’expulsion. Nous ne pouvons pas continuer à voir nos camarades se faire placer en rétention ou assigner à résidence.

Le 7 Octobre, un appel national paraissait dans Libération à l’origine de collectifs et organisations étudiantes et d’universitaires pour réclamer la régularisation de tous et toutes les étudiant.e.s sans titre de séjour.

Nous devons construire cette mobilisation à l’échelle nationale !

Voir en ligne : Signez la pétition contre l’expulsion de Roseline

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